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Un cas de bruxisme.

Hypnose et Bruxisme
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Utiliser les représentations pathologiques du patient.
Sophie Cohen
La vie est une lutte, il faut serrer les dents. Habitée par la colère, Laurence fait l’expérience de l’hypnose et du « body scan » pour tenter d’accéder au calme intérieur.


Laurence, 50 ans, serre les dents depuis toujours. Elle précise que lorsqu’elle était enfant sa mère lui disait : « desserre tes poings » et « relâche ta mâchoire ». C’est une enfant adoptée qui a été élevée à la dure. Sa mère a été enceinte alors que Laurence était là depuis environ un an. Sa soeur biologique, me dit Laurence, a toujours eu une place privilégiée auprès de maman. Laurence est en couple depuis treize ans et a appris, grâce à cette relation, la douceur. Elle vit dans un lieu qu’elle a choisi en pleine nature. Nous partons de ses représentations. Laurence me dit : « A ma naissance, j’ai été expulsée sur terre. J’ai toujours dû me battre, lutter pour ma place. J’ai toujours été moins aimée que ma soeur, qui elle se conformait aux désirs de maman. Je ne sais pas me détendre, je ne sais pas vraiment ce qu’est la douceur. La dentiste m’a fait une gouttière que je dois porter pour protéger mes dents car je les use et elles pourraient se casser. » Laurence me précise qu’elle se réveille la nuit lorsqu’elle se tourne pour changer de position en prenant conscience de ses mâchoires serrées.
- Sophie :
« Comment vous sentez-vous habituellement dans la journée ?
- Laurence :
Je me sens tendue et souvent en colère. La colère arrive sans prévenir et je pète un câble.
- S. :
A quel moment vous sentez-vous souvent en colère ?
- L. :
N’importe quel moment, sans raison. C’est contre ma mère la colère. Nous sommes brouillées. J’ai retrouvé ma mère biologique il y a quatre ans, ce que ma mère n’a pas accepté. C’était un séisme. Mon père est mort quelques mois plus tard et ma mère et ma soeur se sont mises contre moi.
- S. :
Après cette consultation, vous sortez, vous êtes satisfaite. A quoi sentez-vous les changements ?
- L. :
Je me sens calme et sereine. J’ai les mâchoires relâchées. »

SÉANCE AVEC INDUCTION, SUGGESTIONS ET « BODY SCAN »

Laurence a appris à serrer les dents. Elle a cette croyance chevillée au corps : la vie est une lutte. Cette croyance lui a certainement été utile un temps mais l’encombre maintenant. Il s’agit donc de modifier ses habitudes de penser qui sont de véritables auto-pièges mentaux. Je propose à Laurence de s’installer dans le fauteuil en position allongée. Elle a une couverture sur elle et a bien chaud. C’est un moment de « cocooning ». Voici les éléments importants de la séance... Après une induction où elle observe ce qui se trouve autour d’elle, je propose à Laurence de retrouver l’émerveillement simple de voir, l’émerveillement de voir de la toute petite Laurence qui vient au monde (régression en âge), je lui propose d’observer trois caractéristiques d’un objet au loin, la même chose avec un objet tout près. Elle refait ce va-et-vient trois fois avec les mêmes objets. Ceci a pour objectif de saturer la conscience et de lui permettre de s’immerger dans la séance qui va suivre. Même chose sur le plan auditif : entendre de loin puis de près trois fois. Je poursuis avec un « body scan » où il s’agit d’accueillir les sensations présentes, en partant des pieds. L’important est de suggérer du poids dans les pieds : opposé de la tête et de la mâchoire ! Je fais l’hypothèse que Laurence est souvent dissociée par des idées, ces idées provoquent ses accès de colère soudains. Lorsque le « body scan » est au niveau du bassin : « Vous avez décidé de quitter cette posture : la vie est une lutte et je serre les dents. Vous avez décidé maintenant, le 30 novembre 2021, de vous apporter douceur et calme. J’ai le droit au calme. »
Nous poursuivons le « body scan » de façon assez rapide pour éviter les pensées et continuons avec les suggestions que nous répétons en citant les parties du corps. « Vous sentez le haut du corps, la zone digestive et respiratoire : je me fais du bien. Lorsque je sens la colère arriver…

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Revue Hypnose et Thérapies Brèves 65

Sommaire de ce n°65 :
Julien Betbèze, rédacteur en chef, éditorial : « Créer des liens »

Jean-Marc Benhaiem nous invite à ne pas nous focaliser sur le symptôme mis en avant dans la demande thérapeutique : il s’agit plutôt de chercher à mobiliser l’énergie bloquée dans d’autres symptômes apparemment secondaires, et ainsi de désorganiser les rigidités pathologiques et amener le changement. Une clinique pleine de sagesse !

Sophie Tournouër utilise le questionnement centré solution pour défaire les addictions sexuelles conjuguées à la prise de produits psychoactifs. Le déroulé du verbatim nous permet de saisir la logique interne aidant les individus à se libérer de cette pratique asservissante du « chemsex ».

Mady Faucoup Gatineau nous prend par la main pour rencontrer Théo, un rebelle de 5 ans qui fait sa loi et sème la zizanie dans la famille. Nous découvrons l’utilité de la TLMR (thérapie du lien et des mondes relationnels) pour construire un cadre familial sécure dans lequel chacun va pouvoir retrouver sa place.

Dossier thématique : Histoires et métaphores
. Alicia Mangeot nous raconte des métaphores « sur mesure », favorisant ainsi des changements de comportement en rapport avec les intentions relationnelles des patients. Elle nous donne plusieurs exemples d’utilisation stratégique de métaphores (bibliothèque, cercles relationnels, mille-pattes) favorisant la coopération dans la séance, et la réalisation des tâches indirectement proposées.

. Virginie Serrière exprime une grande finesse dans son appropriation du questionnement narratif : à travers l’animation d’ateliers d’écriture, elle témoigne de la possibilité pour chacun de redevenir auteur de sa vie.

. Marie-Clotilde Wurz-de Baets nous montre sa créativité dans l’utilisation du langage métaphorique pour induire une transe de réassociation chez une jeune femme confuse après une rupture sentimentale.

Espace douleur douceur
. Gérard Ostermann, éditorial : « Autour de la douleur »


Stéphane Graf nous montre l’importance de ne pas se focaliser sur le symptôme mis en avant dans la plainte, mais d’intégrer la douleur dans l’unité corporelle.

Stéphanie Delacour, dans un cas de dyspareunie, met aussi en évidence la pertinence de ne pas centrer la thérapie sur le symptôme, et de percevoir le lien entre la douleur et la rupture d’homéostasie. Grâce à sa prise en charge et à la remise en place de compétences émotionnelles et relationnelles, la patiente va retrouver une vie plus sécure avec une nouvelle relation à son corps.Dans cette période de sortie de la Covid, où les salles obscures se remplissent à nouveauSophie-Isabelle Martin et David Simon revisitent pour nous la technique de la salle de cinéma pour travailler avec des patients douloureux ayant très peu de protection. Les interactions sont très bien décrites, avec les multi-dissociations permettant de travailler en sécurité. Un exemple clinique illustre cette pratique avec pédagogie pour que chacun puisse s’approprier cette technique.

. Sophie Cohen expose un cas de bruxisme lié à des croyances limitantes autour des combats de la vie. Après une régression en âge, la patiente pourra retrouver son regard émerveillé de petite fille devant la photo d’une forêt et retrouver ainsi calme intérieur et détente.

. Christine Allary nous emmène en mission humanitaire et nous fait partager la conduite d’une séance d’hypnose faite en traduction simultanée avec le chirurgien. Elle décrit avec précision les effets de cette technique novatrice et fédératrice pour les participants.

. Serge Sirvain décrit une situation clinique émouvante dans laquelle il est amené à mettre en place une sédation terminale chez une patiente de 93 ans atteinte d’une tumeur digestive invasive. Il explique comment la position de non-savoir et l’imaginaire partagé autour d’une métaphore culinaire vont accompagner un endormissement terminal apaisé et en relation.

Et nos rubriques
. Nicolas D’Inca : culture monde « Une perceptude venue du désert ».
. Adrian Chaboche : Les champs du possible « Un lâcher de ballon bien étrange ».
. Sophie Cohen, nouvelle rubrique : bonjour et après « Clémentine et la chaleur qui fait fondre la plaque ».
. Stefano Colombo et Muhuc : Quiproquo… « Métaphores »

 

FRANCE EMDR IMOFormation Hypnose, EMDR - IMO sur Paris, Nancy avec le Dr Pascale REYNETTE.

Une formation Certifiée et Validée par France EMDR-IMO ®

 

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