formation hypnose parisFormation en Hypnose: Interview de Laurent Gross, Président du Collège d’Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris.

 

Stéphanie : Pourrais-tu nous expliquer, pourquoi, en tant que praticien avec l’expérience que l’on sait, entreprends-tu une nouvelle formation d’hypnose ?

Laurent Gross : Plusieurs raison à cela : Tout d’abord étudier et éudier encore, doit être le leitmotiv de tout un chacun.

L’apprentissage d’un « apprenti sage » est un très long chemin, qui jamais ne doit s’arrêter. Malheureusement, on voit bien trop souvent des « petits praticiens » s’arrêter en chemin de la connaissance. La formation continue d’un professionnel de santé doit s’effectuer pendant toute la vie professionnelle d’un thérapeute, et même au-delà, ne serait-ce que dans le cadre d’un développement personnel. Etudier encore et encore, est inscrit dans ma culture, ma « signature génétique ».

S. D’accord, mais pourquoi avoir choisi Caen, et l’Institut Milton ERickson de Normandie d’Yves Halfon.

IMHE NormandieLG. Yves Halfon est un « personnage » que je connais pour l’avoir souvent écouté que ce soit à Emergences Rennes ou au cours de Congrès et Forums de la CFHTB au cours desquels  j’interviens aussi.

Yves est un humaniste, et cela respire de son visage. Et puis un Normand, avec des prises de positions « peut-être bien que oui, peut-être bien que non » s’articule fort bien avec la pensée ericksonienne…

Et puis, pour la petite histoire, en octobre 2012 à Paris, alors que j’animais une supervision en EMDR-IMO à Paris, quelle ne fût pas ma surprise de trouver dans la salle d’à côté, une formation en hypnose médicale de l’AFHMD avec Yves, Claude Parodi et Kenton Kaiser. A l’entre 2 cours, nous avons bien discuté, et il m’a semblé évident que devant une telle synchronicité s’imposait à moi de suivre le chemin qui s’ouvrait alors… Alors, heureux qui comme Ulysse… J’irai écouter d’autres chants de sirènes.

S. Tu es l’Ulysse de l’hypnose ?

LG. Non, attention, je ne me prends certainement pas pour Ulysse.

Dans mon parcours, j’ai suivi après le Cercle de Lariboisière, l’enseignement à l’IMHE Avignon chez Patrick Bellet. Cette formation a été à la fois déstructurante et structurante !

Déstructurante, car j’ai appris à désappendre ce que j’avais appris avec le Pr Raphaël Cherchève au Cercle de Lariboisière, ce que je pensais immuable.

C’est certainement le moment le plus difficile de mon parcours, mais un des plus riches. C’est là aussi que j’ai pu entendre d’autres voix aux Universités d’Eté, d’autres façons d’aborder le patient et la thérapie. La poésie que dégage Patrcik Bellet, son sens de la « construction métaphorique » est encore inégalée aujourd’hui, un magicien du mot, du verbe, de la construction du langage, de l’écologie.

Ensuite, il m’a semblé important d’aller à Rennes, chez Claude Virot, avec son approche si particulière du chaos, de la dépression, ses thèmes favoris avec son concept sur « les vivants et les morts ». Son ingéniosité, son esprit d’ouverture, la profondeur de sa réflexion, de la « simplification » de la thérapie en font le Président de l’ISH que l’on sait. Chez Claude Virot, la richesse de son enseignement tient aussi de par la diversité de ses intervenants, des grands noms de la thérapie, et de la qualité des supervisions. C’est aussi Claude Virot qui m’a donné la chance de me lancer dans le grand bain, dans la cour des grands en animant des ateliers notamment aux forums de la CFHTB.

IMHE NormandieAlors, venir écouter Yves Halfon, là par un froid matin d’hiver de Janvier, dans le fin fond de la Basse Normandie, en prenant un train à une heure ou peu de gens le prennent, un train comme j’ignorai qu’il en existait encore, après 4 heures de sommeil, tandis que des patients essayent désespérément d’obtenir un rendez-vous dans mon cabinet, me semble être légitime afin de progresser encore et encore dans ma pratique et mon enseignement.

Il est primordial, tel que Thierry Servillat autre joueur subtil de mots et joueur de maux, le dit dans sa revue HYPNOSE & Thérapies Brèves, il est primordial pour un praticien d’effectuer un nomadisme de formations, d’écouter d’autres voix, d’emprunter d’autres voies, de remettre sans cesse son métier sur l’ouvrage, et de lire des ouvrages sans cesse pour progresser dans le métier, un « SEF », « Sans Enseignement Fixe », afin de ne pas se laisser enfermer dans la pensée unique et réductrice d’un formateur formatant et donc déformant l’espace des possibles. Chaque son de cloches permet d’ajuster et de développer son oreille, chaque son de cloches permet d’avoir une lecture différente.

Je sais d’avance, qu’avec Yves Halfon, je trouverai d’autres mots simples, plus simples encore pour mieux induire, à la fois en tant qu’enseignant et en tant que thérapeute. Et puis dans son approche de la gestion de douleur, c’est réellement un praticien très expérimenté.

C’est ainsi que, revenir aux sources de l’hypnose ericksonienne, comme un joueur de tennis ou un pianiste ferait ses gammes, est un exercice, un passage obligé pour tout thérapeute qui se respecte.

S. Cela me paraît être une évidence que de se former…

LG. Bien entendu, mais cela ne l’est point pour nombre de soit-disant praticiens issus de formations soit-disantes officielles mais délivrant des soit-disant diplômes pompeux à des non-professionnels de santé . Nous avons édité l’année dernière, un Livre Blanc des Formations en Hypnose, et ces « formations faussairisantes » y sont légion. Aucun enseignant appartenant au monde médical, à des professions de santé  y sont présents !!!

Oseriez-vous confier votre santé, votre santé mentale, à des amateurs, des apprentis-sorciers ?
Oseriez-vous confier votre santé à des pseudo-praticiens avec 60 heures de formation, sans aucune connaissance en psycho-pathologie ?
Et pourtant, pourtant, ils sont légion ces patients dupés par des titres pompeux délivrés par de pathétiques organismes de formation.

Notre préoccupation première doit être la sécurité du patient, et donc d’un haut niveau de formation imposé. C’est pour cela que la CFHTB a créé un label de qualité des formations.

Et puis pour paraphraser Milton Erickson qui nous demandait d’observer, observer, et encore observer nos patients, alors pour nous, d’étudier, étudier et encore étudier.

Comme si le leitmotiv du thérapeute était, d’étancher sa soif d’apprendre, à l’eau salée de la connaissance délivrée par nos maîtres, de monter sur les épaules de Darwin, sur les épaules des géants, comme dirait Jean-Claude Ameisen, pour aller et voir plus loin.

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